#1 TU RAYONNES MA VIE

 

Tes yeux comme des étoiles

Scintillent dans la nuit

Notre image sur une toile

Est figée pour la vie

Sans jamais me lasser

Je respire ton odeur

J’aime te caresser

Sans voir passer les heures

Toi auprès de moi

 

J’ai tant de fois voulu

M’empêcher d’aimer

Mais l’amour est une ruse

Il a rusé de moi

Maintenant tu es là

Tout prêt tout prêt de moi

Et je te sens

Battre contre mon sang

Toi auprès de moi

 

Tu rayonnes ma vie

De ta présence

Tu éblouis mes nuits

Par ta chaleur intense

 

Nos corps entrelacés

Se fondent pour ne faire qu’un

Nos milliers de baisers

En font rêver plus d’un

Ton sourire tes yeux doux

Me font craquer tous les coups

Tout comme ton accent

Tes charmes et tes talents

Toi auprès de moi

 

Tu rayonnes ma vie…

 

La plus belle des passions

C’est de pouvoir découvrir

Traverser et franchir

Le monde ses horizons

La plus belle des passions

C’est de pouvoir partager

Toucher sentir goûter

Avec toi auprès de moi

Toi auprès de moi

 

Tu rayonnes ma vie…

 

Paroles : Maude Loranger Leduc

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#2 LIEU DE PARTAGE

 

derrière les barreaux de l’histoire

forgés de haine et de folie

dans les prisons de la mémoire

comment échapper à la nuit

 

jamais je ne ferai vos guerres

guerres de mots ou de drapeaux

la liberté sans la lumière

ne sera jamais qu’un autre fardeau

 

pour les canons faut de la chair

pour les abattoirs des troupeaux

sur l’autel des dieux de la colère

le sang aura coulé à flot

 

jamais je ne ferai vos guerres

guerres de mots ou drapeaux

on peut vivre sur cette terre

sans être victime ou bourreau

 

ce n’est pas en appelant l’orage

que l’on pourra traverser la nuit

nul ne s’affranchira de l’esclavage

s’il faut toujours chercher un ennemi

 

jamais je ne ferai vos guerres

guerres de mots ou de drapeaux

à force de lancer des pierres

un jour on reçoit des couteaux

 

guerres de feu et paix de fer

jeux militaires pour faux héros

un jour on déclenche l’enfer

il suffit parfois d’un mot de trop

 

jamais je ne ferai vos guerres

guerres de mots ou de drapeaux

à tant creuser de cimetières

nul ici ne fera vieux os

 

il ne suffit pas de frontières

pour se donner un pays doux

si on ne vainc pas la colère

elle nous tiendra à genoux

 

jamais je ne ferai vos guerres

guerres de mots ou de drapeaux

les langages ne sont que poussière

c’est le mensonge qui aura notre peau

 

je veux un grand lieu de partage

pour les enfants d’un siècle fou

je veux un pays de courage

pour que la misère ait le dessous

 

pour tous les enfants de la terre

pour ceux qui viendront après nous

je veux un pays de lumière

mon espoir est toujours debout

 

Paroles : Francine Hamelin

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#3 LES MORCEAUX DE FER

 

Elle,

te tendra les bras,

quand tu le voudras,

quand il le faudra.

Même,

si tu n’en veux pas,

c’est elle qui gagnera,

c’est elle qui gagnera.

 

Tous les deux, on pourrait faire

un univers imaginaire,

sur une île, où tout serait

comme on aurait voulu que ce soit

On préfère avoir la mer

plutôt qu’avoir un réfrigérateur.

Mais il n’y a plus un endroit sur terre

sans qu’il y ait des morceaux de fer

qui tournent autour de moi.

 

Ils,

tournent au-dessus des toits,

quand le ciel est bas,

quand le ciel est bas.

Même,

quand on ne les voit pas,

on sait qu’ils sont là

on sait qu’ils sont là.

 

Sur des lignes imaginaires

qui vont de New York à Denver

Marrakech et Vancouver

à la portée des hommes d’affaires,

militaires et missionnaires,

ils ont tous le feu quelque part.

Mais il n’y a plus un endroit sur terre

sans qu’il y ait des morceaux de fer

qui tournent autour de moi.

 

Paroles et musique : Nino Ferrer

Éditions Paul Beuscher 1975

 

#4 IVRESSE

 

Je veux emplir mes yeux de ton frais visage

Pour, quand je partirai, évoquer ton image

Je voudrais m’imprégner de chacun de tes mots

Afin que dans ma nuit ils résonnent bien haut

Et bercent mon sommeil d’une berceuse lente

Car tes phrases pour moi ce sont des mots qui chantent

 

Je veux te respirer comme on ferait l’odeur

Qu’exhale dans le soir tout un parterre en fleurs,

Je voudrais te cueillir comme on cueille une rose

Être le papillon qui sur elle se pose

Ou le souffle du vent jouant dans ses pétales

Et me perdre grisé de l’ivresse totale.

 

Paroles : Ubald Paquin

Les soirées de l’école littéraire de Montréal 1925

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#5 AUX CORRIDORS DE NOS OUBLIS

 

aux escaliers du temps perdu

dans les jardins rouillés des heures

poussent parfois d’étranges fleurs

dont on ne sait pas la couleur

car elles ne sortent que la nuit

aux corridors de nos oublis

 

néons clignotant dans l’ennui

la fatigue éteint les regards

quelqu’un parle de hasard

en déambulant sous la pluie

la vie s’enfuit à cent à l’heure

et un feu rouge pour le cœur

 

aux escaliers du temps perdu

il y a l’exil il y a l’errance

les noyés de l’indifférence

ceux qui chavirent sans un cri

dans l’anonymat de la nuit

aux corridors de nos oublis

 

la ville se roule et se déhanche

sur le vide quelqu’un se penche

ayant bu jusqu’à l’ivresse

tous les reflets gris de la pluie

à la mémoire du temps enfui

dans le vide tombe sans bruit

 

aux escaliers du temps perdu

aux corridors de nos oublis

y a ce silence à bout de bras

et tous ces mots qui n’ont pas d’âme

et tous ces yeux où meurt la flamme

et la vie qui vole en éclats

 

aux rues de suie et de poussière

aux horloges de l’éphémère

l’éternité se fait fragile

pour les enfants de la nuit

éboueurs des temps de folie

dans les égouts du paradis

 

aux escaliers du temps perdu

dans les jardins rouillés des heures

s’ouvrent parfois d’étranges fleurs

dont il ne reste que l’odeur

comme un parfum doux-amer

enraciné dans nos déserts

 

aux corridors de nos oublis

aux corridors de nos oublis

de nos oublis

de nos oublis…

 

Paroles : Francine Hamelin

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#6 42 ANS DE SERVICE

 

Le crâne dénudé,

Les yeux meurtris, sans appétit,

Les mains crevassées

À force de travailler,

Il découpe le fer, l’acier

Pour ensuite le souder

Dans le bruit infernal

Dans le bruit infernal

Des marteaux, des presses géantes,

Des « spot welding », des torches scintillantes,

Des tracteurs électriques, de la « crane »,

Des micros criards et des regards de haine.

 

C’est un homme, un de nos vieux,

Qui ont construit de leur mieux

Notre pays jeune et vieux,

C’est un homme, un de nos vieux.

 

Le travail, depuis le temps,

Attaque ce cœur usé,

Façonne ce torse imposant,

Moule ces bras d’acier

Qui lui permettent de « toffer »

Cette saleté de poussière

Qui se promène dans l’air,

Passivement acceptée,

Dans ces hangars humides,

Étroits et sans fin

Qu’il retrouve chaque matin

Comme un long suicide.

 

C’est un homme, un de nos vieux…

 

La cigarette au coin des lèvres,

Ne le quitte que rarement

Même pendant ses rêves,

Oh!... doux instants

De sa misérable vie

À ne rien dire, à endurer

Les naissances, les maladies,

Les crises et les tais-toé.

Tout ça pour seulement

Une montre en or, des poignées de mains,

Des « T’es un bon travaillant! »

Et la porte, un beau matin.

 

C’est un homme, un de nos vieux…

 

Paroles : Marcel Leduc

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#7 J’AI FERMÉ LA TÉLÉ

 

j’ai fermé la télé

j’t’allé m’servir un verre

j’ai pensé t’chatouiller

mais j’ai pas osé l’faire

tu dormais à côté

j’ai fermé la lumière

j’voulais pas t’déranger

avec mes p’tites affaires

pour une fois je suis sage

je pense à toi tout bas

j’imagine ton visage

et tes yeux qui flamboient

tu es mon paysage

magnifique ici-bas

tu rêves je bois tu nages

Morphée est avec toi

 

tu rêves d’un prince charmant

d’un tango à deux temps

d’un pays d’un printemps

qui te diraient tout l’temps

viens ici ma chérie

tu es la plus jolie

tu es la plus sexy

je t’aime à la folie

 

j’ai fermé la télé…

 

je bois à notre amour

qui durera toujours

faut jamais dire toujours

à moins que tout à tour

on se dise je t’aime

qu’on se dise quand même

que tout ce que l’on sème

ça en vaut bien la peine

 

j’ai fermé la télé…

 

tu nages dans mes bras

c’est chaud ce n’est pas froid

au contraire c’est si beau

que je dirais tout haut

mon amour mon trésor

je t’aime et c’est si fort

ma belle je te le dis

toi moi c’est pour la vie!

 

j’ai fermé la télé…

 

Paroles et musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#8 VOYAGE

 

Mon cœur a pris la haute mer!

Faisant confiance à ses rêves

Il a quitté toutes les grèves

Et ne veut plus de son désert.

 

Il veut s’enivrer de tangage

Et se lier d’un fort cordage

À la bastringue de tribord

Puisque les rêves sont à bord.

 

Qui donc, là-bas, fait la vigie

Au grand mât de la poésie?

Qu’importe la course ou le port

Lorsque les rêves sont à bord!

 

Avec l’espoir pour capitaine

J’irai courir la prétentaine

Et noyer la peine d’hier

Mon cœur a pris la haute mer!

 

Paroles : Alice Lemieux-Lévesque 1964

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#9 ENTRE DEUX CAFÉS

 

DOrmir debout entre deux cafés

RÉver tout haut toute la journée

MIser trop haut et fabuler

FAcile à dire c’pas compliqué

SOLliciter la liberté

LAver salir et recommencer

SI peu de temps pour se reposer

DOrmir debout entre deux cafés

 

Paroles et musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#10 FRANÇOIS

 

Sommes-nous tes grands parents

Ou sommes-nous… Tes enfants

Cher François?

 

Sommes-nous tes p’tits enfants?

Ou sommes-nous… Tes parents

D’autrefois?

 

Étrange voyage dans le présent

Dans l’espace et le temps

Un mystère en sait long, long… la!

 

De l’autre côté d’la mer

L’Acadie… N’oublie rien

P’tit François

 

De l’autre côté d’la terre

Un navire… S’est enfui

N’oublie pas

 

Étrange, étrange pressentiment

Une présence, une conscience

Un mystère qui en sait long… la!

 

Pourquoi ces larmes aux yeux

Quand je parle… Dans ta langue

Mon François?

 

Tu ris, tu t’moques un peu!

Quand tu parles… Dans ma langue

Ça dure pas…

 

Étrange, étrange son de l’accent

Une chanson, un frisson

Un mystère qui en sait long… la!

 

Nous sommes tous des indiens

Canadiens… Acadiens

Québécois

 

Nous sommes tous des humains

Des terriens… des témoins

Toi et moi…

 

Étrange voyage dans le présent

Dans l’espace et le temps

Un mystère en sait long, long… la!

 

Nous sommes tous des enfants

Hommes et femmes… Tous parents…

Tout comme toi…

 

Nous sommes tous des enfants

Hommes et femmes… Tous parents…

Tous comme toi…

 

Paroles : Thézame

Musique : Alexis Loranger

SACEM et SOCAN 2008

 

#11 CETTE VIE

 

au bout des solitudes au bout de cette route

est-il une lumière dont on ne revient pas

et lorsque je regarde ce monde en déroute

me semble que je partirais là-bas… parfois

 

et lorsque certains soirs en moi monte le doute

quand je vois tant d’enfants mourir de nos combats

contre le désespoir alors je m’arcboute

et puis j’essaie de croire que la vie gagnera

 

très loin de tous les masques d’un monde de parure

loin des miroirs du vide qui volent en éclats

y a des jours de silence où je me claquemure

pour oublier les cris d’un monde en désarroi

 

s’il m’arrive de perdre le goût de l’aventure

lorsque la Terre en peine pèse de tout son poids

au fond de moi s’élève un espoir qui murmure

que c’est la vie encore qui un jour gagnera

 

dans sa beauté fragile la planète m’habite

d’arbres et d’océans de tourmente et de joie

je porte charge d’âme et ne sais point la fuite

je suis de cette Terre que je sais aux abois

 

et quand le temps me nargue et vitement s’effrite

ce temps que je voudrais celui que je n’ai pas

même au profond des nuits une flamme palpite

et me redit sans cesse que la vie gagnera

 

malgré les sabliers d’existence précaire

j’ai une éternité ancrée aux creux de moi

sur mon itinéraire j’y trouve sanctuaire

malgré ceux qui nous quittent et tout ce qui s’en va

 

j’ai beau savoir que nous ne sommes qu’éphémères

savoir que la poussière recouvrira nos pas

il restera toujours une source au désert

avec ou malgré nous cette vie gagnera

 

Paroles : Francine Hamelin

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#12 INDÉPENDANCE

 

Une entière indépendance

Fait mon unique agrément

Je chante, je ris, je danse :

Que chacun en fasse autant.

 

Paroles : Anonyme, Québec, 1862

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008

 

#13 DÉSERT

 

Ah! qu’il est solitaire

Le sentier de la terre…

 

Nous étendons la main

Croyant toucher l’amour,

 

Nous cheminons à deux

Tout le long du printemps

 

Pour découvrir un jour

Qu’il n’y a plus personne,

 

Que c’était une absence

Qui nous accompagnait

 

Le visage d’un rêve

Tissé de nos désirs.

 

Ah! qu’il est solitaire

Le voyage du temps…

 

Paroles : Alice Lemieux-Lévesque 1964

Musique : Alexis Loranger

SOCAN 2008